Électriciens et gaziers manifestent à Bar-le-Duc
Ce mardi 15 septembre 2026, une centaine d'agents des industries électriques et gazières se sont rassemblés place Reggio, devant la préfecture de la Meuse à Bar-le-Duc. Le mot d'ordre venait de la FNME-CGT (Fédération nationale des mines et de l'énergie) : refus catégorique des recommandations de la Cour des comptes et exigence d'une TVA réduite à 5,5 % sur les factures d'énergie. Un rassemblement tendu, organisé en semaine, qui illustre une colère syndicale bien réelle dans le secteur.
Une mobilisation ciblée contre la Cour des comptes
Treize recommandations. C'est le nombre que la Cour des comptes a formulé à l'encontre des statuts et avantages sociaux des salariés des industries électriques et gazières, et que le gouvernement soutient. Pour les manifestants réunis à Bar-le-Duc, ces préconisations constituent une attaque directe contre leurs droits fondamentaux.
Cyril Lecoustre, secrétaire général de la FNME-CGT, a pris la parole devant la préfecture. Ses mots étaient directs : « Les treize recommandations de la Cour des comptes, soutenues par le gouvernement, s'attaquent directement au socle social de l'ensemble des salariés des industries électriques et gazières. » Il a ensuite précisé que le tarif agent, mesure la plus commentée dans les médias, ne représente que la partie visible du problème. Rémunérations, droits acquis et conditions de travail se trouvent tous dans le viseur de ces préconisations.
Pour comprendre ce qui est en jeu, voici les principales revendications portées par le syndicat lors de ce rassemblement :
- Retrait sans conditions des treize recommandations de la Cour des comptes
- Application d'une TVA à 5,5 % sur l'ensemble des factures de gaz et d'électricité, abonnement et consommation inclus
- Préservation du statut social des salariés des IEG (industries électriques et gazières)
- Maintien de l'ensemble des droits collectifs négociés de longue date dans la branche
Ce type de mobilisation devant une institution représentative de l'État n'est pas isolé. Les tensions entre manifestants et autorités préfectorales ont également marqué l'actualité à Strasbourg récemment, signe que les préfectures restent des lieux symboliques pour exprimer des revendications face au pouvoir central.
TVA sur l'énergie : pourquoi le syndicat réclame 5,5 %
Se chauffer en hiver, alimenter un atelier artisanal, faire fonctionner un commerce de proximité : pour la FNME-CGT, ces usages ne relèvent pas d'une consommation de luxe. Pourtant, le taux de TVA actuellement applicable aux factures d'énergie est de 20 % pour la part consommation dans de nombreux cas. Le syndicat réclame son alignement sur le taux réduit de 5,5 %, celui qui s'applique déjà aux produits de première nécessité.
L'argument est à la fois social et économique. Réduire la TVA sur l'énergie allégerait directement les charges des ménages modestes, mais aussi celles des petites entreprises dont les coûts de fonctionnement restent fortement exposés aux fluctuations tarifaires. Cette revendication dépasse donc le seul cadre des agents EDF ou Engie : elle concerne tous les foyers et tous les professionnels.
Le tableau ci-dessous illustre la différence de charge fiscale selon le taux appliqué, pour une facture annuelle type :
| Facture annuelle HT | TVA à 20 % | TVA à 5,5 % | Économie réalisée |
|---|---|---|---|
| 1 000 € | 200 € | 55 € | 145 € |
| 1 500 € | 300 € | 82,50 € | 217,50 € |
| 2 000 € | 400 € | 110 € | 290 € |
Ces chiffres donnent une mesure concrète de ce que représente cette revendication pour un foyer moyen. Plusieurs centaines d'euros d'économies annuelles sont en jeu selon le niveau de consommation.
Une délégation reçue en préfecture et des menaces de durcissement
La manifestation ne s'est pas arrêtée au rassemblement place Reggio. Une délégation syndicale devait être reçue à 13h30 par les services de la préfecture de la Meuse. L'objectif affiché : faire remonter officiellement la colère des agents jusqu'aux autorités compétentes, via la représentation de l'État en département.
Cyril Lecoustre a formulé les attentes du syndicat sans ambiguïté : « Nous attendons de la préfète qu'elle fasse remonter notre colère. Si nous ne sommes pas entendus, il y aura d'autres actions, nous durcirons le mouvement. » Un avertissement clair, qui montre que ce rassemblement pourrait n'être qu'une première étape.
Le responsable syndical a aussi replacé cette lutte dans un contexte historique plus large. La disparition progressive du statut dans d'autres grandes entreprises publiques sert d'argument central : « Après avoir enfoncé La Poste, les Télécoms, la SNCF où les nouveaux embauchés n'ont plus le statut, il ne reste que nous, mais nous ne nous laisserons pas faire. » Une référence aux transformations sociales vécues dans plusieurs grands secteurs nationaux ces dernières décennies.
La mobilisation des électriciens et gaziers intervient dans un contexte où la question de la sécurisation des services publics et de leurs agents revient régulièrement sur le devant de la scène. D'autres institutions locales font face à des enjeux comparables : la sécurité du littoral mobilise aussi les préfectures et les collectivités autour de défis de terrain qui dépassent les seuls arbitrages budgétaires.
Si les négociations à la préfecture de Bar-le-Duc n'aboutissent pas, de nouvelles actions pourraient être organisées dans les prochaines semaines, possiblement avec une ampleur renforcée. Le mouvement reste à surveiller de près, notamment pour les usagers et les professionnels directement concernés par les tarifs de l'énergie et par les conditions de travail dans ce secteur stratégique.