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Préfecture Tarascon : mesures d'urgence après liquidation

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Préfecture Tarascon : mesures d'urgence après liquidation

Le 1er septembre 2026, 50 mètres cubes de "liqueur noire" se sont déversés accidentellement dans une zone de rétention de l'usine Fibre Excellence de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône. Six mètres cubes supplémentaires ont atteint la station d'épuration, désormais hors service. Cet incident a mis en lumière une situation que les anciens salariés dénonçaient depuis plusieurs semaines : la sécurité du site n'est plus garantie depuis la mise en liquidation judiciaire de l'entreprise.

Un site classé Seveso privé de ses systèmes de sécurité essentiels

L'usine de pâte à papier Fibre Excellence est classée "Seveso seuil bas", ce qui implique des obligations strictes en matière de prévention des risques industriels. Depuis début septembre, le liquidateur judiciaire a décidé d'arrêter certaines installations électriques du site, une décision prise contre l'avis des anciens salariés. Cette coupure a entraîné deux conséquences directes et graves.

D'abord, le système de défense incendie de l'usine a été partiellement mis à l'arrêt. Ensuite, la station d'épuration, dont la fonction est de recueillir les rejets accidentels de produits chimiques avant qu'ils n'atteignent le Rhône, est devenue inexploitable. Or, sur le site, onze tonnes de bois et des volumes notables de substances dangereuses sont toujours présents : peroxyde d'hydrogène, propane, fioul lourd.

Face à cette accumulation de risques, la préfecture des Bouches-du-Rhône a transmis au liquidateur judiciaire, le jeudi 3 septembre, un arrêté de cinq pages dont l'AFP a obtenu copie. Le document est sans ambiguïté : "La sécurité du site, des personnes qui s'y trouvent et de son environnement n'est plus correctement assurée." La préfecture y identifie deux types de dangers principaux :

  • Un risque d'incendie d'ampleur, alimenté par la présence de matières inflammables et l'absence partielle du dispositif anti-incendie ;
  • Un risque de pollution environnementale grave, notamment vers le Rhône, en cas de nouveau déversement de produits chimiques.

L'arrêté enjoint le liquidateur à redémarrer "immédiatement" ces équipements de sécurité. Pour contrôler l'exécution de cette injonction, des agents de la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) devaient inspecter le site dès le vendredi suivant la notification.

Sanctions prévues et mobilisation syndicale autour de la liquidation judiciaire

Le cadre réglementaire prévoit des sanctions financières précises en cas de non-respect des mesures ordonnées. Voici un rappel des pénalités applicables au liquidateur judiciaire :

Type de sanction Montant
Amende administrative Jusqu'à 45 000 euros
Astreinte journalière (retard de mise en conformité) 4 500 euros par jour

Ces montants montrent que l'autorité préfectorale dispose d'outils contraignants pour forcer le respect des normes de sécurité industrielle. Le liquidateur judiciaire, qui n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP, reste pourtant silencieux sur ses intentions.

Du côté des salariés, la situation génère une frustration croissante. Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT et technicien de maintenance sur le site depuis près de dix ans, résume la position des anciens employés sans détour : "Le liquidateur judiciaire n'en fait qu'à sa tête et s'obstine, quitte à mettre en danger les personnes."

Rappelons que depuis le 29 juillet 2026, date de la mise en liquidation judiciaire de Fibre Excellence, une quarantaine de salariés (sur les 270 que comptait l'entreprise) s'étaient relayés 24 heures sur 24 pour maintenir la sécurité des installations. Cette présence a pris fin avec l'expiration des contrats de travail fin août. Les syndicats réclament depuis que plusieurs anciens techniciens soient associés aux opérations de sécurisation du site, arguant que "la passation est insuffisante et les moyens pas à la hauteur".

Si vous êtes concerné par des démarches administratives liées à cette situation ou à d'autres procédures en préfecture, pensez à consulter les ressources disponibles sur rdvprefecture.com pour anticiper vos démarches.

Fibre Excellence Tarascon : quelles perspectives après l'alerte préfectorale ?

L'arrêté préfectoral constitue une étape significative, mais il ne règle pas la question de fond : qui prend en charge durablement la sécurisation d'un site industriel en liquidation, quand l'exploitant n'existe plus en tant qu'entité active ? C'est précisément là que réside la complexité de ce type de situation post-liquidation.

La piste d'une reprise partielle ou d'une nationalisation avait été évoquée dans le débat public, mais le gouvernement l'a écarté, estimant que ce n'était "pas sûr que ce soit la solution la plus pertinente". Le site reste donc dans un vide opérationnel préoccupant.

Deux enjeux distincts se superposent ici : la sécurité immédiate des personnes et de l'environnement d'un côté, et la question juridique et sociale de la liquidation de l'autre. Ces deux dimensions ne progressent pas au même rythme, ce qui crée des angles morts dangereux.

Pour toute situation où une administration vous notifie une mesure d'urgence ou une mise en demeure, il est important de comprendre vos droits et obligations. Le guide attention requise : guide exhaustif et solutions rapides peut vous aider à y voir plus clair.

Le cas de Fibre Excellence illustre un point souvent négligé : la fermeture d'une installation Seveso ne s'improvise pas. Elle exige un protocole précis, des compétences techniques spécifiques et une coordination étroite entre le liquidateur, les autorités et les anciens salariés qui connaissent les installations. Ignorer cette réalité, c'est transformer une crise économique en risque environnemental et humain.