Préfecture de police : évacuation du Samu social occupé
Le 12 août 2026, la préfecture de police de Paris a ordonné l'évacuation du siège du Samu social, occupé depuis plusieurs semaines par des salariés grévistes et environ 400 personnes, dont une majorité de familles de migrants sans domicile. La décision, annoncée conjointement par la préfecture de région d'Île-de-France et la préfecture de police, place les autorités face à une situation humaine et sociale particulièrement délicate, au centre de l'été.
Une occupation du Samu social qui dure depuis près de deux mois
Tout a démarré le 23 juin 2026, lorsque la CGT a lancé un appel à la grève au sein du Samu social de Paris. Le syndicat protestait contre la remise à la rue de nombreuses familles hébergées en urgence depuis l'activation du Plan grand froid, déclenchée fin décembre 2025, et contre la suppression de nuitées d'hôtel. Une revendication sociale claire, portée par des agents de terrain directement confrontés à la détresse des personnes accueillies.
Le mouvement a changé de nature le 15 juillet. L'association Utopia 56, connue pour son accompagnement des personnes exilées, a rejoint les salariés grévistes et organisé une occupation physique du site, en mobilisant des centaines de familles sans logement. Rapidement, le parvis du siège est devenu un campement de fortune. Des photos publiées début août montraient des enfants jouant près de tentes installées devant le bâtiment, dans un secteur où la circulation routière reste dense.
Voici les principales causes invoquées par les grévistes et l'association Utopia 56 pour justifier cette occupation :
- La remise à la rue de familles hébergées sous le Plan grand froid depuis décembre 2025
- La suppression progressive de nuitées d'hôtel financées par l'État
- L'absence de solution durable de relogement pour les familles rattachées à l'Île-de-France
- Le refus de dispersions géographiques hors région, redoutées par les occupants
La préfecture de police a reconnu que cette occupation, qui durait alors depuis près de cinquante jours, altérait considérablement le fonctionnement quotidien de la structure. Le Samu social n'a plus pu assurer sereinement ses missions de coordination de l'hébergement d'urgence, au moment précis où les besoins restent importants.
L'arrêté d'évacuation et ses conditions d'application
Le préfet de police de Paris a publié un arrêté d'expulsion visant les 400 occupants du site. La notification a été remise aux intéressés le mardi 11 août au soir. Ils disposaient alors de 24 heures pour quitter les lieux volontairement. Passé ce délai, les autorités s'engageaient à procéder à une mise à l'abri des personnes présentes.
Parmi ces 400 personnes, la préfecture de police dénombre 150 mineurs et des femmes enceintes. Utopia 56, de son côté, évoque 160 enfants. Ce chiffre, quel que soit le décompte retenu, illustre la dimension familiale et vulnérable de la population concernée.
| Date | Événement |
|---|---|
| Fin décembre 2025 | Activation du Plan grand froid, hébergement d'urgence de nombreuses familles |
| 23 juin 2026 | Appel à la grève de la CGT au Samu social de Paris |
| 15 juillet 2026 | Début de l'occupation physique du site par Utopia 56 et des familles sans domicile |
| 11 août 2026 (soir) | Notification de l'arrêté d'évacuation aux occupants |
| 12 août 2026 | Communiqué officiel de la préfecture de police, délai de 24h pour quitter les lieux |
La préfecture a également pointé des conditions d'hygiène et de sécurité préoccupantes sur le site, notamment des risques d'accident pour les enfants liés à la densité du trafic routier aux abords du bâtiment. Ces arguments, mis en avant pour justifier l'urgence de l'évacuation, ont été accueillis avec scepticisme par les associations.
Utopia 56 et les occupants refusent de partir sans garanties
Contactée par l'Agence Radio France, l'association Utopia 56 a annoncé sans ambiguïté que ses militants et les familles présentes ne quitteraient pas le site avant l'arrivée des forces de l'ordre. Une position ferme, motivée par une crainte précise : que les autorités organisent des transferts hors d'Île-de-France, séparant les familles de leurs attaches locales, de leurs démarches administratives en cours, voire de leurs enfants scolarisés.
"Les familles demandent une prise en charge en Île-de-France, car toutes y sont rattachées", a rappelé l'association. Si vous suivez une procédure administrative liée à votre séjour en France, sachez qu'un rendez-vous en préfecture de Paris pour votre titre de séjour peut conditionner vos droits à un hébergement en région.
Sur le réseau social X, Utopia 56 a publié un message percutant : "Aux familles qui demandent un toit pour être protégées, l'État envoie la police et les condamne à l'errance sous 38°C. Pour aller où ?" Une question qui résume la tension entre impératif de sécurité publique et réalité des personnes sans solution de logement stable.
Cette situation met en lumière les limites du dispositif d'hébergement d'urgence hivernal, conçu comme temporaire, et la difficulté à trouver des solutions pérennes une fois le Plan grand froid levé. Pour toute démarche administrative liée à un titre de séjour ou une demande d'hébergement institutionnel, vous pouvez consulter les ressources disponibles sur Rendez-vous Préfecture, qui centralise les informations pratiques utiles aux usagers.
L'issue de cette évacuation, et surtout la question des solutions d'hébergement proposées aux familles concernées, reste entière au moment de la publication de cet article.