Cérémonie de naturalisation à Jonzac : l'émotion de devenir français sous La Marseillaise
En mars 2026, la sous-préfecture de Jonzac a accueilli une cérémonie de naturalisation discrète mais profondément humaine. Huit personnes y ont reçu leur nationalité française, après des parcours de vie aussi divers que leurs pays d'origine.
Huit destins, une même cérémonie d'accueil dans la nationalité
Ce jour-là, huit résidents étrangers de Haute-Saintonge sont devenus citoyens français. Ils venaient de villages que rien ne désigne habituellement comme terre d'immigration : La Clotte, Consac, Bussac-Forêt ou Saint-Georges-des-Agoûts. Pourtant, c'est là qu'ils ont bâti leur vie.
Le groupe réunit des nationalités très diverses. On y trouve notamment :
- Un ressortissant néerlandais
- Une ressortissante slovaque
- Une citoyenne américaine
- Une ressortissante marocaine
- Une ressortissante cubaine
- Un ressortissant équatorien
- Un ressortissant ivoirien
- Un ressortissant pakistanais
Hélène Lemesle, sous-préfète, a présidé la cérémonie en présence de la plupart des maires et conseillers départementaux concernés. Elle a rappelé que « être français, ce n'est pas renoncer à ses origines ». Elle a insisté sur le fait que devenir français représente un engagement réciproque, articulé autour de droits et de devoirs définis par les lois de la République.
La sous-préfète a également souligné l'importance de la liberté de penser, de croire et de s'exprimer, ainsi que la valeur du vote comme pratique démocratique essentielle. Ces huit nouveaux citoyens ont tous satisfait aux conditions légales exigées et franchi avec succès un parcours administratif exigeant pour obtenir leur carte nationale d'identité.
L'ambiance dans le salon de la sous-préfecture mêlait solennité et chaleur. Loin des polémiques habituelles sur l'immigration, la cérémonie a ouvert un espace rationnel et humain. Il était question de familles, de visages et de trajectoires concrètes, pas de chiffres abstraits.
Des parcours migratoires marqués par l'épreuve et la ténacité
Deux figures se distinguent particulièrement : Muhammad Hasnain Ahsan et Siaka Koné. Tous deux sont arrivés mineurs en France, après des périples épuisants. Leurs histoires illustrent ce que représente réellement l'obtention de la nationalité française pour des personnes venues de loin.
Muhammad Hasnain Ahsan a quitté le Pakistan à 15 ans, à la mort de son père. Il a mis un an pour rejoindre la France, traversant successivement l'Iran, la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie, la Hongrie et l'Autriche. Il est arrivé sans ressources et sans parler un mot de français.
| Parcours | Muhammad Hasnain Ahsan | Siaka Koné |
|---|---|---|
| Pays d'origine | Pakistan | Côte d'Ivoire |
| Âge à l'arrivée | 15 ans | Mineur |
| Route empruntée | Iran, Turquie, Grèce, Balkans | Mali, Algérie, Italie |
| Installation actuelle | Archiac | Saint-Georges-des-Agoûts |
| Situation professionnelle | Chef de cuisine en collège | Secteur agro-viticole |
Muhammad a ensuite été hébergé à Puilboreau, puis accueilli par une famille à Saint-Ciers-du-Taillon, où il a appris le français. Aujourd'hui installé à Archiac, il travaille dans les cuisines d'un collège depuis 2020, après l'obtention de son CAP. « Je suis fier de ce que j'ai accompli mais je ne le conseillerais à personne », confie-t-il sobrement.
Siaka Koné, lui, a pris la route depuis les environs de Korhogo, au nord de la Côte d'Ivoire, après le décès de ses parents, producteurs de cacao. Via le Mali et l'Algérie, il a atteint l'Italie, puis la France. Accueilli à Mirambeau, il a d'abord travaillé dans la grande distribution avant d'évoluer vers le secteur agro-viticole. « Rien que d'en parler, ça réveille pas mal de mauvais souvenirs », dit-il discrètement.
Si vous envisagez vous-même une démarche de naturalisation, sachez que le dossier implique notamment un entretien. Vous pouvez consulter notre guide détaillé sur comment se passe l'entretien de naturalisation par mariage pour mieux comprendre le déroulement de cette étape.
La Marseillaise et l'émotion du serment républicain
La cérémonie s'est conclue par La Marseillaise. Ce moment a visiblement touché les participants. Jane McCarthy, Américaine désormais installée à Saint-Thomas-de-Conac, a serré les poings à la remise de son dossier, comme après une victoire sportive. Une image forte, spontanée, sincère.
Muhammad Hasnain Ahsan, lui, se sentait déjà pleinement français bien avant ce jour. Retourné deux fois au Pakistan depuis son installation, il a finalement choisi de ne pas conserver la double nationalité. « Là-bas, j'avais l'impression de ne pas être en sécurité. Ici c'est tellement paisible, ça me correspond beaucoup mieux », explique-t-il sereinement.
Son aspiration reste simple : travailler, s'insérer, être reconnu, payer ses impôts et voter. La naturalisation lui ouvre une porte concrète : il peut désormais postuler à une titularisation dans la fonction publique, lui qui était jusque-là contractuel. « Ça y est, j'ai signé mon CDI de stagiaire chef de cuisine », annonce-t-il avec fierté.
La publication de la décision de naturalisation au Journal officiel marque officiellement l'acquisition de la nationalité. C'est cette parution qui rend le statut opposable à tous. Pour ces huit nouveaux Français, ce passage au Journal officiel est la dernière étape d'un long chemin.
La sous-préfète Hélène Lemesle a résumé cette journée en parlant d'« huit parcours, huit histoires singulières ». Une formule qui dit l'essentiel : derrière chaque naturalisation, il y a une vie entière, un courage réel et une volonté durable de s'inscrire dans la communauté nationale.